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MƒMOIRES DE MARGUERITE DE VALOIS, ed. Lalanne (1858)

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Marguerite de Valois, la Reine Margot dont on a dit tant de btises, est ˆ la fois un personnage historique et un roman.
Ses MŽmoires, si agrŽables ˆ lire, ne sont ni exacts ni sincres. Au reste, ils constituent une succession de scnes, non une histoire.  La version dont nous disposons se termine en 1582 et, lorsque, vers 1597, recluse ˆ Usson depuis 1586, elle l'Žcrit, dix ˆ vingt ans se sont ŽcoulŽs depuis. Il s'agit donc d'une reconstitution qui, outre les inŽvitables dŽfauts de mŽmoire, mŽnage la vŽritŽ  en ce qui concerne les aspects politiques et personnels. Au reste, Brant™me ˆ l'Eloge duquel elle rŽpond et auquel elle s'adresse frŽquemment dans le texte, connaissait les dŽtails qu'elle oublie ou dissimule.
Quoique bien des choses la sŽpare de la Grande Mademoiselle, elles ont en commun l'orgueil de leur qualitŽ qui les place au-dessus de tous, ne cŽdant qu'au roi, lequel ne les mŽnage pas.
Marguerite, de plus, est, lorsqu'elle rŽdige, la dernire des Valois qui  ont rŽgnŽ pendant 250 ans (seule et unique princesse de France). Par son mariage avec Navarre (1572) et son "divorce" (1599), elle fait le pont entre les deux dynasties *.
Mais Mademoiselle aurait dit de mme pour estre ce que je suis. Si leur vie amoureuse est totalement diffŽrente, leur prŽtention ˆ faire l'Histoire et les mŽsaventures subsŽquentes les rapprochent. En rŽvolte contre les deux rois (Navarre et Henri III), Marguerite a ŽtŽ de la Ligue ; Mademoiselle fut l'hŽro•ne de la Fronde. L'exil d'Usson fait penser ˆ celui de Saint-Fargeau. Et, pour les deux, la rŽconciliation finale est payŽe par l'abandon de leurs immenses biens au fils du roi.

Concernant la prŽsente Ždition numŽrique :

Je reproduis l'Ždition Lalanne de 1858, basŽe sur la version Guessart des MŽmoires (1842). La graphie ancienne n'est pas corrigŽe, je me contente de mettre entre crochets le sens des mots aujourd'hui obsoltes. Je conserve les notes de Lalanne mais reporte ˆ la fin sa discutable Notice. Je fais prŽcŽder les MŽmoires de l'Eloge de Marguerite par Brant™me et, comme le texte s'arrte quand les choses intŽressantes commencent (1582), j'emprunte la suite de l'histoire de Marguerite ˆ Merki (1905) dont, par commoditŽ, je supprime les notes. Celles que j'ajoute sont indiquŽes par NDE.

* Hilarion de Coste, dans la 2nde Žd. (1647) des Eloges et vies des reynes, princesses, dames et damoiselles illustres, Žcrit (T2, p 303):... se voyant mal propre en la generation, elle se montra,non seulement Princesse de la Royale Maison de France, mais aussi la mere du peuple, aymant la paix, le repos, & le bien de ce Royaume, ayant dŽpoüillŽ toutes les affections particulieres de sa personne pour la commoditŽ de la France, dont elle a tousiours fait plus d'estat que de soy-mesme. Et pour tŽmoigner son affection au bien de cet Estat, elle fit supplier le Roy Henry d'aviser ˆ se procurer par la dispense du Chef de l'Eglise [...] vne femme dont il peust laisser vne heureuse posteritŽ pour la gloire & l'honneur de la France, & de toute la ChretientŽ. Sans nous attarder sur ce glorieux travestissement de l'affaire, soulignons que, aux yeux de beaucoup, Henri reste un usurpateur. Pour fonder la dynastie des Bourbon royaux, il devait avoir un hŽritier lŽgitime, catholique, issu d'une mre de haute naissance (MŽdicis, outre son Žnorme dot, est petite-fille de l'empereur romain germanique Ferdinand Ier). Pour cela, un dŽmariage en forme Žtait indispensable.