31/01/2026
Esambe Josilonus
Esambe Josilonus
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 I. HŽritage & succession


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Orientation du texte ˆ venir:

De 996 ˆ 1316, les rois de France se suivent de pre en fils. En 1328, les cousins Valois accŽdent sans phrases ˆ la Couronne. Plus tard, le passage aux Valois-OrlŽans (1498), puis aux Valois-Angoulme (1515) s'effectue de mme. On n'invoque pas la Loi salique, la coutume et quelques manÏuvres suffisent.

En 1584, la mort de Franois d'Anjou, duc d'Alenon, frre du roi Henri III, ajoute une crise dynastique ˆ l'affrontement politico-religieux. L'hŽritier naturel est ˆ prŽsent Navarre. Que son issuance de S.Louis remonte ˆ dix gŽnŽrations ne gne personne, mais son huguenoterie est rŽdhibitoire. Quoique Henri III soit encore jeune et qu'un fils reste possible, la question de sa succession est posŽe avec une acuitŽ croissante par la Ligue. Aprs l'assassinat du dernier Valois (1589), Navarre se proclame roi (DŽclaration de St Cloud). Comme il appuie son droit ˆ la Couronne sur la loi salique, celle-ci devient un champ de bataille : que, le roi mort, la Couronne Žchoie au m‰le le plus proche, est-ce conditionnel ou non ?

Quid s'il est inapte ou dŽment ? quid si hŽrŽtique excommuniŽ ? quid si "le peuple" n'en veut pas ?

Pour la premire et la dernire fois, un large dŽbat "franco-franais" exprime longuement, en mille arguments souvent confus, le pour et le contre de la loi salique, en exploite les failles ou les comble, l'explique et l'interprte. La version qui triomphera avec Henri IV deviendra la pierre de touche de la dynastie Bourbon et se "constitutionnalisera" au XVIIe.

IndŽpendamment de la religion de Navarre (Žvidemment cruciale ˆ ce moment), la polŽmique oppose deux interprŽtations de la Monarchie.

* Pour l'une, la Couronne est, par nature, Žlective (fžt-ce implicitement) : la succession "salique" qu'atteste l'Histoire constitue, au mieux une habitude (fidŽlitŽ ˆ la famille rŽgnante), au pis une usurpation sur les droits du "peuple" qu'il faut restaurer. L'acceptation d'un roi est subordonnŽe ˆ son aptitude ˆ assurer le bien public, idŽal indŽfini qui, en l'occurrence, inclut le salut des ‰mes (loi de religion). Tout cela justifie la dŽchŽance du tyran Henri de Valois, le rŽgicide, l'avnement d'un Charles X (fictif) et, aprs sa mort,  l'entreprise de l'Žlection d'un roi vrai catholique ("Žtats gŽnŽraux" de 1593).

* Pour l'autre, le roi est l'Žlu de Dieu. Les sujets lui doivent obŽissance, quoi qu'il soit, quoi qu'il fasse. Quand il meurt, le plus proche m‰le lui succde automatiquement. Mais cette si sainte, parfaite & si excellente Loi Salique ne dit pas jusqu'o chercher la "proximitŽ" ni quel est son critre : entre la consanguinitŽ, la reprŽsentation et la primogŽniture, la victoire de Navarre imposera cette dernire.

Mme si cette victoire, due aux divisions de la Ligue, aux victoires militaires et ˆ l'abjuration du roi, ˆ l'achat ultŽrieur des ralliements, est de fait et non de droit, elle tranche le dŽbat et valide a posteriori les arguments qui la justifie.

 

Nul doute que nos Courtenay qui rvent ˆ leur royale origine perdue dans les brumes du passŽ ne voient alors s'ouvrir des possibilitŽs insouponnŽes : quand le roi rŽgnant est ˆ plus de vingt degrŽs du prŽcŽdent, quand "Pharamond", Childebert, Charlemagne, Charles "de Lorraine", Capet, deviennent des acteurs "prŽsentifiŽs" de la lutte politique, Louis le gros n'est plus une antiquitŽ ; quand la dŽvolution est instituŽe toujours successive, linŽale, agnatique sous le drapeau d'une Salique absolutisŽe, comment ces Courtenay ne se sentiraient-ils pas aspirŽs par la Couronne ?